28 septembre 2014

Poussière et souffle de vie

Le semeur de van Gogh
Le second récit biblique de de la création ne commence pas par le vide, mais par l'expérience du désert, de la non-vie. De la poussière du sol, Dieu façonne l'être humain. Puis il met en lui son souffle de vie. En racontant cette histoire, nous confessons notre identité: nous sommes des êtres faits de poussière et de souffle.

Le semeur de van Gogh




Lectures : Job 34,12-17
Genèse 2,4b-17




Prédication du 28 septembre 2014 18h

Chers Amis,
Merci à Denise et à Jürg pour leur lecture en musique de ce texte.
Elle lui restitue sa dimension poétique et symbolique.
Elle nous permet de l'entendre différemment, de découvrir certains aspects de cette « chronologie de la création », qui est en même temps une réflexion sur ce que nous sommes, nous les humains, sur cette terre.
Ce récit de la création ne commence pas par le vide.
Au départ il y a de la terre, de la poussière. Rien n'est vivant.
Cela nous rappelle l'expérience du désert : la solitude, le silence de la mort.
Comment en parler, si ce n'est par son contraire, que nous connaissons mieux?!
Il n'y avait pas de d’arbustes, pas d’herbes… pas encore !
Il n'y avait pas d’humains pour cultiver le sol… pas encore !
Le dire comme ça, c'est dire notre impuissance à imaginer le monde autrement que ce qu'il est !
Mais en même temps c'est dire que le monde pourrait très bien ne pas être !
Voyez le passage de Job 34 : si Dieu ne pensait qu'à lui-même, tout retournerait au néant !
Il n'y a de vie que par l'action créatrice de Dieu, pas seulement au début : à chaque instant, aujourd'hui aussi !
Il faut que Dieu le veuille pour que le monde existe.
Il suffit que Dieu le veuille, pour que tout se mette en mouvement.
Voici qu'un flux irrigue la terre, qui devient comme une oasis.
Dieu façonne l'humain, il le tire du sol, et lui insuffle la vie, dans un geste de tendresse, comme un baiser.
Le récit nous dit que nous ne sommes pas les fruits du hasard, mais d'un projet, un projet d'amour.
Le récit est en même temps une confession de foi. Nous le racontons, parce que nous reconnaissons que nous ne sommes pas notre propre origine. Nous le racontons, pour chanter notre reconnaissance d'être ce que nous sommes : Nous sommes des êtres fait de terre et de souffle.

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La terre et l'homme sont de la même couleur : avec le bleu pour la terre et l’orange pour l'amour, cette peinture illustre à sa manière ce mystère : nous venons de la terre et nous y retournons.

Puis vient le jardin !
Pourquoi un jardin ?
Pour que l'humain puisse vivre ! Mais aussi pour que sa vie ait un sens.
Dieu fait germer des arbres.

Avez-vous remarqué qu'il nous est d'abord dit qu'ils sont beaux à voir, et seulement après qu'ils sont bons à manger ? !
Il ne suffit pas que le monde soit utile : il faut d'abord qu'il soit beau. Il ne suffit pas que nous soyons nourris, Dieu veut d'abord que nous soyons heureux !

Puis l'être humain se voit confier une mission : celle de prendre soin du jardin.
Il y aurait beaucoup à dire sur cette responsabilité, sur ce qu'elle signifie pour nous aujourd'hui.
J'aimerais juste relever que la notion de mission, de tâche, en sommes de travail, fait partie du paradis originel, tel qu'il nous est présenté.
Le paradis ne consiste pas à rester sans rien faire, à attendre que Dieu nous donne la becquée.
Il consiste à être actifs, présents dans ce jardin qui est beau et qui nous donne de quoi vivre !
Cette tâche est confiée à l'être humain pas encore différencié entre hommes et femmes.

Mais si pour nous le travail est comme détaché de la nature, s'il est devenu un poids, quelque chose qui nous rend parfois malade, c'est bien le signe que nous ne sommes plus au paradis.
C'est bien le signe que quelque chose est déréglé, dans notre rapport avec le monde.
C'est précisément à cause de ce décalage, qu'il faut raconter cette histoire, toujours à nouveau !
Parce qu'elle nous dit que ce que nous vivons aujourd'hui est bien le projet de Dieu, mais un projet malmené, un projet sans cesse remis en question.
Nous ne sommes pas au paradis, nous ne sommes plus dans le jardin où il faisait bon vivre et travailler.
Mais certains jours, nous sentons que nous n'en sommes pas si loin ! Certains jours, nous pressentons la douce bienveillance de notre créateur et Père…

Alors, le paradis ? Un mythe ? Bien sûr, mais en même temps un formidable espoir ! Car le projet n'est pas mort ! Au contraire, en Jésus-Christ, il apparaît sous un nouveau jour !
Et si le paradis n'était pas derrière, mais devons-nous ? !
Et si Jésus-Christ était vraiment le nouvel Adam ? !
Et si, en Jésus-Christ, une nouvelle création nous était confiée ?
Et si, vraiment le Royaume des cieux était pour nous !
Seigneur que ton règne vienne !

Amen

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