7 décembre 2014

L'espace et le temps


London time
par D. Wheller
Un parcours spirituel partant d'Ésaïe, pour qui l'étendue du règne de Dieu était principalement géographique (Dieu règne non seulement sur le peuple qu'il s'est choisi, mais sur toutes les nations), pour aboutir à la seconde épitre de Pierre, qui montre Dieu régnant sur le temps.

London time
par D. Wheller




Lectures : Esaïe 40,9-17
2 Pierre 3,8-14




Prédication du 7 décembre 2014 10h - 2ème Avent

Chers amis,
Les lectures du jour nous emmènent à travers un curieux parcours spirituel :
Avec Ésaïe, nous partons de l'annonce joyeuse que Dieu vient avec vigueur, qu'il vient rassembler son troupeau et prendre soin de lui.
Mais aussitôt Ésaïe change de perspective : ce Dieu, il est supérieur à tout ce que nous pouvons en penser.
« Qui a jaugé dans sa paume les eaux de la mer ?
Qui a pesé les collines ? »
Pas nous ! Ce Dieu qui va venir, c'est aussi le Créateur de toute chose.
« Qui a toisé l'esprit du Seigneur,
Et lui a indiqué l'homme de son choix ? »
Pas nous ! C'est Dieu qui choisit. À travers l'histoire il appelle des hommes et des femmes à jouer un rôle particulier.
Mais de quel homme Ésaïe parle-t-il ici, dans ce passage ? Quel homme Dieu a-t-il choisi, au temps d'Ésaïe, pour permettre au peuple de Dieu dispersé et déporté de se rassembler et de revenir à Jérusalem ?
Et d’ailleurs pourquoi Ésaïe ne dit-il pas son nom ?
C'est peut-être que justement, l'homme en question ne fait pas partie du peuple de Dieu. C'est un étranger. Mais un étranger prestigieux !
Les historiens le connaissent, cet homme : c'est l'empereur Cyrus. C’est lui en effet qui rend possible le retour des exilés, alors qu’il a pris le pouvoir des mains des Babyloniens !
D'où ces paroles sur les nations, sur les non-croyants ou sur ceux qui croient en autre chose : Dieu, puisqu'il est Dieu, a une influence, même sur ceux qui ne croient pas en lui !
* * *
Mais notre parcours spirituel continue à travers le passage tiré de la deuxième épître de Pierre.
Là aussi, il est question de Dieu, et de sa façon de régner.
Si dans Ésaïe, l'étendue du règne de Dieu était principalement géographique (Dieu règne non seulement sur le peuple qu'il s'est choisi, mais sur toutes les nations), la lettre de Pierre montre Dieu régnant sur le temps.
Le texte reprend les mots du psaume 90 : pour le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans comme un jour.
Non seulement Dieu règne sur le temps que nous connaissons : il en est aussi le Créateur.
Qu'y a-t-il avant le temps ?
(Qu’est-ce que ça veut dire, « avant le temps » ? Il faudrait plutôt dire en dehors du temps !)
Avant le temps, il y a Dieu !
Et après le temps (notre temps à nous mais aussi celui de notre monde), il y a Dieu !
Mais qu’est-ce que l'auteur de cette lettre en tire comme conclusion ?
Que c'est Dieu qui détient les clés du temps et que nous n'avons pas à nous croire plus malins que lui, ni à nous moquer des croyants qui se sont trompés sur quand serait la fin des temps, qui ont par exemple imaginé que ce temps était arrivé ! Depuis le temps que vous annoncez le royaume de Dieu… il doit avoir du retard ! Vous connaissez ce genre de blagues, on les entend encore aujourd’hui.
Le passage dit que Dieu n’est pas en retard, mais qu’il nous montre sa patience : Il ajoute que même si Dieu est patient, nous ferions bien de mettre en ordre nos affaires.
Est-ce  du moralisme étroit ?
Il est vrai qu'avec ce texte on est assez loin du souffle libérateur qu'on trouve dans certaines lettres de Paul !
Mais il y a une certaine sagesse à ne pas faire comme si le monde était infini et comme si nous n'avions de compte à rendre à personne.
Ce n'est pas la peur qui doit nous conduire à chercher la justice, mais plutôt la reconnaissance.
Et c'est peut-être justement la reconnaissance qui va nous permettre d’être dans la paix, de telle sorte que le jour du Seigneur puisse aussi bien être dans mille ans, que demain !
Amen

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