17 août 2014

N’excluons pas ceux que Dieu veut inclure

Colère de Dieu
Exclure ou inclure?
Des chrétiens célèbrent un culte
devant la cathédrale d'Ulm
Dans ce passage touchant de l'épître aux Romains, l'apôtre Paul dit son espoir que le peuple Juif dont il est issu, mais qui se montre à cette époque largement hostile aux chrétiens, ne soit pas exclu pour toujours. Cette attitude ouverte et pleine d'espoir peut nous inspirer dans notre regard sur les non-croyants.


Colère de Dieu
Exclure ou inclure?
Des chrétiens célèbrent un culte
devant la cathédrale d'Ulm


Lecture : Romains 11




Prédication du 17 août 2014 10h






Chers Amis,
Qui est le peuple de Dieu? Quelle est la place des juifs par rapport aux chrétiens?
Peut-être que cette problématique vous paraît aujourd'hui très lointaine…
Bien sûr, depuis la jeune Église du temps de l'apôtre Paul jusqu'à aujourd'hui, beaucoup de choses ont changé.
À l’époque le monde se divisait en trois :
  • Les juifs (qui croient en Dieu, qui se voient comme les descendants d'Abraham et les héritiers de la promesse qui lui a été faite, comme les gardiens des commandements confiés à Moïse). Jésus était juif, ses disciples aussi, et bien sûr l’apôtre Paul.
  • Les païens, c'est-à-dire le monde gréco-romain, qui croit en un ensemble de divinités, parmi lesquelles l'empereur lui-même, qui doit être honoré comme un dieu.
  • Le nouveau groupe de ceux qui croient en Jésus-Christ, les chrétiens, dont une partie vient du monde juif et l'autre du monde païen.
Aujourd'hui, le « paysage » est très différent. Le monde s'est élargi et nous avons pris conscience de la grande diversité des religions et croyances tout autour de la planète.
Dans la famille spirituelle de ceux qui se comprennent comme des descendants d'Abraham, un nouveau groupe a pris sa place: les musulmans. (depuis quand même 1400 ans !)
Plus récemment, des courants philosophiques se sont développés, qui proclament soit qu'on ne peut rien savoir sur Dieu (agnosticisme), soit qu'il n'y a pas de Dieu (athéisme).
Sur un plan plus idéologique, on voit de plus en plus apparaître des critiques de la religion en général (comme s'il y avait une "religion en général"!). "La religion" est accusée d'être la cause de tous les maux, les guerres, les conflits. On veut restreindre la religion à la sphère strictement privée.
Tout cela, Paul ne pouvait pas le prévoir. C'est pourquoi nous ne pouvons pas simplement lire sa lettre aux Romains comme un livre de recettes !
Mais nous pouvons comprendre l'intention de Paul, l'esprit qui l'anime.
Ce qui me frappe particulièrement dans ce texte, ce qui me touche, c'est la modestie de Paul et son appel à la modestie. Lui qui est à cheval entre deux peuples, nous dit de ne pas nous prendre pour des sages ! Il nous dit de ne pas nous enorgueillir de ce que nous sommes, mais de reconnaître que nous avons un jardinier (ou plutôt un arboriculteur!). Ôter des branches, en greffer de nouvelles, ce n'est pas notre rôle, c’est le sien !
J'aime cette image de l'olivier (je me demande pourquoi !). Elle me dit que les décisions finales ne nous appartiennent pas. Mais elle me dit aussi que le jardinier est celui à qui appartiennent toutes les branches !
N'allez pas croire qu’un athée compte moins aux yeux de Dieu que n'importe lequel d'entre nous !
N’allez pas croire qu'un musulman n'est pas aimé de Dieu !
N'allez pas croire que Dieu veut autre chose que l’arbre d'une humanité réconciliée, qui porte joyeusement le fruit de son amour !
* * *
J'étais en vacances en Allemagne. Au retour, nous avons fait une halte dans la ville d’Ulm. Là, sur le parvis devant l'immense cathédrale, un groupe de chrétiens célébrait un culte. Certains d'entre eux brandissaient des panneaux qui menaçaient les « sans-Dieu » ( die Gottlosen) de l'enfer et de la damnation.
Un membre du groupe priait à haute voix : «Seigneur, merci de m'avoir sauvé!» J'ai senti dans cette prière quelque chose de très fermé. Un peu comme si elle disait : «Je te rends grâce de ne pas être comme ceux qui n'ont pas de Dieu!».
Paul, quand il parle de son peuple mis à l'écart, montre bien plus d'amour! Il espère que cette mise à l'écart ne sera que provisoire. En réalité il en est sûr, car il connaît l'amour du Père !
J'aimerais vous inviter vous aussi à une autre sorte de prière, une prière qui n'exclue pas l'autre mais qu'il inclue.
De quel peuple sommes-nous ? Comme Paul, nous ne venons pas d’un seul peuple !
D'une certaine manière, nous sommes des héritiers de la promesse, comme les israélites autrefois. Et comme eux nous nous mettons parfois en rupture.
D'une autre manière, nous sommes des païens, à qui Dieu accorde sa grâce.
Nous sommes et nous resterons toute notre vie à la fois en rupture avec Dieu, et réconciliés par lui, en Jésus-Christ.
Une part de nous veut toujours à nouveau vivre sans Dieu ! Une part de nous veut être athée, et même être elle-même dieu !
Les non-croyants ne sont pas des étrangers pour nous. C'est aussi notre peuple, ce sont nos frères, ce sont nos sœurs. Parfois ce sont nos parents, parfois nos enfants. C’est aussi un peu nous-mêmes !
Seigneur, je ne te loue pas de ce que je ne suis pas comme eux : je te loue de ce que je suis comme eux !
Et si aujourd'hui je peux te parler et te dire mon amour, c'est par ta grâce ! Et je sais que tu aime tout autant celui qui pense qu'il ne te connait pas…
Et je te prie avec les mots de ta propre prière, pour que celui qui ne te connaît pas puisse aussi venir à toi, comme je viens à toi : Seigneur, que ton règne vienne !
Il viendra !

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