23 novembre 2014

Ces vérités qu'on ne saura jamais. Ou peut-être que si!


Nous avons besoin de savoir la vérité sur nous-mêmes, sur les conséquences de nos actes. La promesse de Jésus, c'est que nous la saurons, cette vérité! Nous verrons tout le bien qui s'est fait à travers nos paroles et nos actes. Tant de choses que nous n'avons jamais sues! Et nous verrons aussi quand nous nous sommes trompés.






Lectures : Apocalypse 21,1-7
Jean 5,22-28




Prédication du 9 novembre 2014 10h

Chères Familles,
Chers Proches de personnes décédées cette année,
Chers Amis,
D'un côté, il y a l'espérance de quelque chose de beau, d'aussi beau que cette vision de l'apocalypse que nous venons d'entendre. L'espérance d'une consolation, que l'on verra un jour.
Mais de l'autre, il y a le « maintenant », la vie au jour le jour, avec des sentiments compliqués, avec cette petite voix qui vient nous répéter : « jamais plus », et ces moments où l'on l'oublie, où l'on s'attend à retrouver l'être aimé, le voir ouvrir la porte… mais non, il ou elle ne reviendra plus !
Et puis il y a les regrets. Les choses qu'on aurait aimé avoir dites, les questions qu'on aurait aimé poser… et surtout les choses qu'on aurait voulu faire autrement.
Si j'avais su…
Celui qui est parti est parti, on veut bien croire qu'il est en paix…
Parfois on l’envie !
Parfois on lui en veut !
Mais c'est difficile d'en vouloir à quelqu'un qui est mort, alors on se renvoie le reproche, on se sent mal d'avoir eu de telles pensées. On se sent coupable.
Le passage de l'Évangile de Jean parle du jugement.
Mais l'on ne doit pas parler du jugement de Dieu sans se souvenir que nous sommes nous-mêmes des juges souvent bien plus impitoyables, des juges de nous-mêmes.
Mais pourquoi ? Parce que nous avons besoin de vérité sur nous-mêmes, sur ce que nous faisons, sur ce que nous sommes. Parce que nous avons besoin que les choses aient un sens. Parce que nous voulons bien faire, et que nous avons peur de ne pas y arriver.
Et quand la séparation arrive, nous sommes renvoyés à nous-mêmes, à ce qui est devenu sans retour.
Alors nous nous jugeons, et souvent nous nous jugeons coupables.
Or la tradition biblique nous propose un autre regard.
Elle nous parle d'un projet, le projet de Dieu. Elle nous dit que nous faisons partie de ce projet, nous tous, ceux qui sont vivants et ceux qui sont déjà mort.
Dans ce projet, ce que nous faisons n'est pas indifférent. Nous pouvons aller dans le sens du projet, ou agir contre le projet de Dieu.
Seulement le Juge, ce n'est pas nous.
Dans la tradition du Premier Testament (ou Ancien Testament), le juge c'est Dieu, celui que Jésus appelle le Père.
Le Père nous montre le chemin, le chemin vers la liberté, comme il l’a montré à Moïse en Égypte au temps de l'esclavage.
Et à la fin de notre parcours, il nous dit la vérité sur ce que nous avons fait, c’est ce que nous appelons le Jugement.
C'est déjà beaucoup que ce soit notre Créateur qui nous dise la vérité sur nous, plutôt que nous-mêmes. Après tout, nous sommes son œuvre !
Mais Jésus, dans l'Évangile de Jean, va plus loin : ce n'est plus le Père qui juge, c'est le Fils !
C'est celui qui a pris sur lui notre injustice qui devient le Juge !
C'est celui qui a donné sa vie pour que nous vivions, qui devient le Juge.
C'est celui qui nous a aimés plus que lui-même qui devient notre juge.
Autant dire que c'est un juge complètement acquis à notre cause !
Je disais au début que nous avons besoin de savoir la vérité sur nous-mêmes, sur les conséquences de nos actes.
La promesse de Jésus, c'est que nous la saurons, cette vérité !
Nous verrons tout le bien qui s'est fait à travers nos paroles et nos actes.
Tant de choses que nous n'avons jamais sues !
Et nous verrons aussi quand nous nous sommes trompés.
Quand nos mots ont blessé, quand nos actes ont causé des souffrances.
Nous verrons même comment nos erreurs ont parfois eu des effets positifs, et que ce que nous avons pensé être des succès n’en étaient qu’à moitié !
Et cela nous fera du bien de voir clair. Parce que devant la vérité enfin connue, nous pourrons aussi entendre la parole du Pardon, la parole de l'Amour plus grand que tout.
Aujourd'hui, nous vivons encore avec toutes ces questions, et elles nous habitent plus fort quand nous passons par le deuil.
Mais aujourd'hui déjà, nous pouvons apprendre à vivre avec le pardon que le Fils est venu nous donner.
Que ce pardon nous habite, qu'il fasse son chemin en nous.
Amen

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