20 avril 2014

Ne laissons pas les croyants s'enfermer! Prédication du matin de Pâques

Enfermés...
Au soir du premier jour de la nouvelle création, les disciples sont enfermés chez eux, par peur du monde qui les entoure! Doit-on dire qu'ils sont encore enfermés, ou doit-on dire qu'ils sont déjà de nouveau enfermés?! Ils ont peur... Peur des juifs, nous dit-on. Tout se passe… comme si rien ne s'était passé !


Enfermés...
Prédication prononcée
le 20 avril 2014 - Dimanche de Pâques



Lectures : Romains 7,15-8,4
Jean 20,19-23





Chers Amis,

Au soir du premier jour de la nouvelle création, les disciples sont enfermés chez eux, par peur du monde qui les entoure !

Doit-on dire qu'ils sont encore enfermés?!
Ou doit-on dire qu'ils sont déjà de nouveau enfermés?!
Ils ont peur... Peur des juifs, nous dit-on.
Tout se passe… comme si rien ne s'était passé !
C'est encore les disciples dispersés du vendredi saint !
C'est déjà l'Église craintive et repliée, soucieuse de sa seule conservation,
que nous connaissons encore aujourd'hui !

Mais cette peur, elle est beaucoup plus profonde.
Elle a ses racines dans nos propres contradictions.

Comme nous la désirons, cette joie de Pâques pure et simple, communicative!
Et comme nous la redoutons, cette communication! Comme nous avons peur de ne rien rayonner du tout, et de passer plutôt pour des fous sectaires!

Ne rêvons pas d'être des chrétiens sans contradiction : la contradiction, elle est en nous!
Nous ne faisons pas tout à fait ce que nous voulons,
et nous ne voulons pas tout à fait ce que nous faisons.

Nous mesurons bien que cette tension entre ce que nous voulons et ce que nous faisons, peut nous conduire aux pires drames. Un subtil glissement peut me mener à croire juste ce qui est injuste,
à croire beau ce qui est laid, à croire constructif ce qui est destructeur.
Je peux croire aimer, et mépriser en fait.

Ce ne sont que des toutes petites déformations de ma perception,
mais elles s'additionnent,
et au travers d’elles se glisse l’hideuse violence,
qui se fait même parfois passer pour de la tendresse…

Nous sommes terrifiés par la violence.
Mais nous ne la voyons pas là où elle est : en nous!
Les disciples ont peur de l'extérieur : Ils feraient mieux de se connaître eux-mêmes !
La violence qu'ils redoutent, elle est aussi chez eux.

A leur image, nous nous réfugions chez nous, nous tenons closes les portes de nos appartements,
de nos cultures, de nos pays. La menace vient toujours des autres !

Les disciples sont enfermés, ils se croient à l'abri.
Voilà que le Christ vient et se tient là : il leur apporte la paix.
En vérité, c'est bien eux qui en ont besoin ! Eux dans leur enfermement !

Et voici que les enfermés reçoivent mission de libérer :

« À mon tour, je vous envoie.
Ceux que vous délierez de leurs péchés, ils en seront déliés. »

Pour accomplir cette mission, ils vont devoir sortir !

Le Ressuscité les visite.
Il leur donne la paix.
Il leur donne l'Esprit.
Mais c'est à eux d'ouvrir la porte !
C'est à eux d’oser apporter cette paix qui ne vient pas d’eux !

Chers Amis,

Qu'est-ce que la Résurrection change ?
Les disciples restent eux-mêmes, avec leurs peurs et leurs erreurs.
Mais le monde de l'erreur n'est plus fermé !
Il est maintenant habité lui aussi, de la présence du ressuscité !

Dans mes enfermements, même les plus tragiques, le Vivant vient à ma rencontre.
Et si je ne sais pas le voir ? Et si je m'entête dans l'erreur ? Il est encore là !
Et si je ne suis plus là ? Et si je repose dans la vallée sombre ? Il est encore là !

Le premier, il l’a traversée, cette vallée. Il nous montre le chemin vers la lumière.
Ce n'est pas une raison pour me dépêcher d'aller voir,
car ici déjà, je peux le rencontrer !

Ici déjà, il m'adresse son appel, comme il nous l'adresse :
Recevons sa paix !
Devenons, en son nom, des porteurs de liberté !
Ouvrons nos portes, pour laisser sortir l'espoir !

Amen

Olivier Schopfer

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