17 mai 2014

Du vague dieu au Dieu Père

Oser regarder ailleurs
Jésus, tel que Jean nous le présente, n'est pas un principe abstrait, une force anonyme. Il est chemin vers le Père dans le cadre d'une rencontre vraie, où je dois moi aussi cesser de me cacher derrière les autres qui disent que… ou qui pensent que… Le monde est rempli de réponses toutes-faites sur la religion,
mais toi, où es-tu?



Oser regarder ailleurs
Prédication prononcée le 11 mai 2014


Lectures : Jean 14,1-11a




Chers Amis,

A la lumière de Pâques, nous revenons sur les moments qui ont précédé la mort de Jésus et sa résurrection.

En faisant cela, nous suivons le même chemin que l'évangéliste Jean, qui est parti du « maintenant » de sa foi en Jésus vivant, et qui est revenu en arrière, pour nous raconter non seulement ce qui s'est passé, mais le sens que ces événements ont pris pour lui.

Et se sens se résume en ces simples mots : avoir vu le Père. Jean l'évangéliste nous raconte comment il a vu le Père. Et il met dans la bouche de Jésus les mots qui décrivent cette expérience. Jean l'évangéliste a contemplé le chemin de Jésus, ce chemin qui passe par la croix, et il a reconnu dans ce chemin la vérité et la vie. Il a reconnu dans ce chemin un événement à la signification unique, centrale, irremplaçable, "incontournable" comme dirait aujourd'hui !

Certains diront : « Ce n’est pas Jean mais Jésus lui-même qui a dit : "Je suis le chemin, et la vérité, et la vie. Personne ne va au Père si ce n'est par moi."!»

Peut-être que Jésus a vraiment dit cela. Ce qui est sûr, c'est que l'évangéliste Jean a compris Jésus comme le chemin, la vérité et la vie! En lisant cet évangile, nous rencontrons le Christ à travers le témoignage de Jean, l'un de ceux qui ont cru en lui.

Et justement, Jean nous montre que cette foi en lui ne va pas de soi, que déjà les disciples eux-mêmes ont eu de la peine : quel est donc ce chemin, qui devrait passer par la mort? «Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous en connaître le chemin?» La question de Thomas est légitime. On peut se la poser avant Pâques, mais on peut aussi se la poser après. Il y a dans le chemin de Jésus quelque chose qui échappe aux explications rationnelles. Quelque chose qui doit m'impliquer personnellement.

Il ne s'agit plus seulement de comprendre « du dehors », de faire fonctionner notre cerveau analytique. Il s'agit de faire connaissance avec ce Jésus dont Jean nous parle. On ne fait pas connaissance avec quelqu'un sans dire aussi qui l’on est ! «Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m'as pas reconnu!»

Le reproche ne porte pas sur l'identité administrative de Jésus : « Ah oui, j'avais oublié, tu es le fils de Dieu ! »

Il porte sur le fait de se tenir à distance, de passer à côté, faute de s'impliquer soi-même assez.
Jésus, tel que Jean nous le présente, n'est pas un principe abstrait, une force anonyme. Il est chemin vers le Père dans le cadre d'une rencontre vraie, où je dois moi aussi cesser de me cacher derrière les autres qui disent que… ou qui pensent que…

Le monde est rempli de réponses toutes-faites sur la religion, mais toi, Philippe, où es-tu?

Et toi, et toi ?

Mais quelque chose résiste en nous. Peut-être justement notre cerveau analytique qui nous dit :
« Qu'est-ce que c'est que cette revendication exclusive : Personne ne va au Père si ce n'est par moi!? De quel droit Jésus se prétendrait-il ce passage unique ? Pourquoi Jésus, et pas Buddha ou Mohammad ?».

Là, il faut quand même observer quelque chose dans ce dialogue que l'Évangile de Jean nous propose. Le dialogue commence sur le thème de la séparation et de la mort : «Que vos cœurs ne se troublent pas : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.» Puis viennent les paroles sur la maison de mon Père et les demeures que Jésus veut nous préparer…

« Vous croyez en Dieu » : c'est le point de départ !

« Croyez aussi en moi » : c'est l'invitation personnelle à la rencontre avec le Christ, et à travers lui, avec son Père.

Croire en Dieu, c'est une chose.
Le reconnaître comme le Père, c'en est une autre.

Jésus ne se propose pas comme l'unique chemin vers une vague idée de Dieu (ça, c'est offert à tous !), il se propose comme le chemin vers son Père, il nous propose son Père comme étant aussi notre Père.
Il ne s'agit pas d'exclure celles et ceux qui croient autrement, il s'agit d’inclure, de nous inclure dans ce chemin particulier qu’a suivi le Christ, et qui fait de nous, si nous le voulons bien, si nous nous dévoilons, si nous nous engageons, les enfants d'une même famille, des frères et des sœurs de Jésus-Christ, des filles et des fils du Père.

Il s'agit de cette promesse : « Je reviendrai et je vous prendrai avec moi, si bien que là où je suis, vous serez aussi ».

«Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi…
                       Et vous connaîtrez Dieu comme votre Père ! »

Amen

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