18 mai 2014

Passer de la présence au souffle

Qu'est-ce qui finit?
Qu'est-ce qui commence?
Notre expérience de croyants rejoint celle des disciples après la Passion: Jésus n'est plus physiquement présent. L'évangile de Jean nous montre comment Jésus a voulu préparer les siens à cette nouvelle situation, la nôtre.


Qu'est-ce qui finit?
Qu'est-ce qui commence?
Prédication prononcée
le 18 mai 2014



Lectures : Jean 14,12-20




Chers Amis,

Nous sommes toujours dans ce passage de l'évangile de Jean qui avait commencé par « que votre cœur ne se trouble pas », puisque c'est un texte où il s’agit de ce qui va se passer, où il s'agit de séparation mais aussi d'espoir, où il s'agit de voir le Père, de reconnaître Dieu comme un Père, au travers de ce que le Fils est venu accomplir…

Un passage où tout est au futur, à la fois les événements qui doivent arriver et les promesses qui sont liées à ces événements.

« Je vais au Père » : c'est l'annonce d'une séparation, mais c'est aussi bien autre chose. C'est une fin, mais c'est surtout un commencement !

Alors, qu'est-ce qui finit ? Et qu'est-ce qui commence ?

Ce qui complique un peu la réponse, mais la rend aussi beaucoup plus riche, c'est que l'évangéliste Jean a écrit ce passage à la fois pour raconter l'histoire de Jésus avec ses disciples et pour nous parler à nous, les croyants d'après ces événements.

Autrement dit, il s'agit à la fois de la croix qui va séparer Jésus de ses disciples, et de notre expérience de croyants qui sommes aussi aujourd’hui physiquement séparés de Jésus, qui ne pouvons pas le voir ou le toucher.

Si pour les disciples, la réponse est en premier lieu la rencontre avec le Ressuscité, pour nous la réponse doit être d'un autre ordre !

Seulement, Jean l'évangéliste veut nous montrer que si historiquement ces réponses sont différentes, dans le fond, ce sont les mêmes !

Les disciplines viennent avant nous. Ils ont vécu les choses de l'intérieur. Mais leur foi est la même que la nôtre. Il n'est ni plus facile ni plus difficile de croire pour nous que pour eux.

Je crois que c'est justement pour éviter de donner l'impression que les disciples ont eu un privilège particulier, que genre ne reprend pas l'idée de Luc, qu'il y aurait un temps particulier, entre la résurrection de Jésus et son départ.

Pour Jean, la croix et la résurrection contiennent l'Ascension et Pentecôte !

Ce qui finit, c'est le temps de la présence immédiate de Jésus, le temps où il était lui-même pour ses disciples ce Défenseur, ce Paracletos, cet avocat, qui parlait et agissait pour eux.

Ce qui commence, c'est le temps de parler et d'agir en son nom, et de faire des œuvres même plus grandes que celles qu'il a faites.

Pourquoi plus grandes ?

Parce que Jésus s'en est tenu à un tout petit territoire, alors qu'aujourd'hui, nous qui croyons en lui, nous sommes partout ! Certes pas toujours très forts, mais nous sommes là !

Ce qui commence, c'est le temps de demander des choses en son nom.

Le temps d'une prière qui soit une recherche de sa volonté, et qui trouve son accomplissement dans la réalisation de cette volonté !

Ce qui commence, c'est le temps de se découvrir un autre Défenseur à nos côtés.

Les disciples avaient Jésus, nous avons l'esprit de vérité, qui demeure auprès de nous et qui est en nous.

L'évangéliste Jean n’en dit que peu de choses dans ce passage. Mais il lie étroitement le don de cet Esprit de vérité à ce qui se passe dans nos cœurs.

Encore une fois, la foi n'est pas d'abord une affaire intellectuelle, même s'il n'est pas interdit de réfléchir !

« Si vous m’aimez, vous vous appliquerez à observer mes commandements. Moi je prierai le Père. Il vous donnera un autre Défenseur qui restera avec vous... »

Nous n'aimons pas beaucoup les conditions : "Si tu es sage, tu recevras un chocolat!"

Mais ici, il ne s'agit pas vraiment d'une condition. Il s'agit d'une cohérence! Comme dans la phrase qui précède la nôtre : «Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.»

Aimer le Christ, agir, prier, être inspiré : c'est un même mouvement !

C'est un mouvement de communion avec le Christ. C'est déjà la reconnaissance de ce qu'il nous a promis : « je ne vous laisserai pas orphelins. »

C'est déjà l'expérience de ce « je viens à vous ».

Et c’est l’attente du jour nous serons avec lui pour toujours.

Amen

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