26 mai 2014

Au rythme des Psaumes

La matrice des montagnes
Je suis descendu jusqu'à
la matrice des montagnes
Il ne faut pas trop parler des Psaumes. Il faut les laisser nous parler! Il faut les laisser nourrir notre prière, non de manière servile, mais en entrant dans le même rythme, dans le même mouvement que ceux qui autrefois, ont composé les Psaumes.


La matrice des montagnes
Je suis descendu jusqu'à
la matrice des montagnes
Message pour le culte du soir du 25 mai 2014


Lecture : Surprise!



Je vous propose de découvrir le texte ci-dessous :
c’est un Psaume, mais il ne vient pas du livre des Psaumes !


Essayez de deviner d’où il est tiré !

Lecture

3Dans l’angoisse qui m’étreint, j’implore le SEIGNEUR :
il me répond ;
du ventre de la Mort, j’appelle au secours :
tu entends ma voix.

4Tu m’as jeté dans le gouffre au cœur des mers où le courant m’encercle ;
toutes tes vagues et tes lames déferlent sur moi.

5Si bien que je me dis : Je suis chassé de devant tes yeux.
Mais pourtant je continue à regarder vers ton temple saint.

6Les eaux m’arrivent à la gorge
tandis que les flots de l’abîme m’encerclent ;
les algues sont entrelacées autour de ma tête.
7Je suis descendu jusqu’à la matrice des montagnes ;
à jamais les verrous du pays – de la Mort – sont tirés sur moi.
Mais de la Fosse tu m’as fait remonter vivant,
ô SEIGNEUR, mon Dieu !
8Alors que je suis à bout de souffle, je me souviens et je dis : « SEIGNEUR ».
Et ma prière parvient jusqu’à toi, jusqu’à ton temple saint.
9Les fanatiques des vaines idoles, qu’ils renoncent à leur dévotion !
10Pour moi, au chant d’actions de grâce, je veux t’offrir des sacrifices,
et accomplir les vœux que je fais.
Au SEIGNEUR appartient le salut !


Message

Alors, vous avez deviné ? De quel livre de la Bible vient ce psaume ?

(Dialogue avec les paroissiens)

La réponse est Jonas!
Jonas, que Dieu veut envoyer à Ninive, pour qu'il parle en son nom au peuple.
Une mission que Jonas aimerais éviter.

Imaginez de devoir aller dire à des méchants qu'ils sont méchants !

Jonas préfère s'enfuir loin de Dieu. Il prend un bateau, mais une tempête se lève. Les marins cherchent la cause de cette tempête étrange. Jonas avoue. Les marins le jettent à l’eau.
Dieu envoie un poisson, qui avale Jonas.
Et l'histoire nous raconte que c'est dans le ventre du poisson qu'il prie ce psaume.

Un psaume, qui -à part quelques détails- ressemble à plusieurs autres Psaumes. On y retrouve les mêmes émotions. Ces émotions que nous connaissons aussi, et qui nous relient à ces anciennes prières :
  • La reconnaissance pour quelque chose de beau.
  • La remise en question quand on a l'impression d'avoir mal agi.
  • Le souci pour d'autres qui souffrent.
  • L'appel au secours, dans une situation de détresse.
    C'est clairement le cas ici, dans ce psaume de Jonas !
Ce qui est particulièrement frappant, c'est la tension (tout à fait voulue) entre la situation et les paroles de ce psaume !
Un homme qui voulait fuir loin de Dieu, et qui se retrouve à le prier avec ferveur !
Comme si la distance qu'il avait voulu mettre contre lui et Dieu, se trouvait instantanément abolie dans la prière.

Est-ce que c’est la prière d’un homme perdu ?
Où est-ce que c'est celle d'un homme sauvé ?

Seule réponse possible : c'est les deux !

À la fois complètement perdu et totalement sauvé.
À la fois mort, au fond, au fond de la mer, au fond des montagnes, dans leur soubassement…
Et en même temps vivant, comme au seuil d'un nouveau départ, comme dans une matrice.

C’est l'application concrète de cette belle expression : « on ne peut pas tomber plus bas que dans la main de Dieu » (je crois de Margot Kässmann).
C'est vrai de toutes nos errances, de toutes nos déroutes, de toutes nos défaites, même de notre mort !
****
Il ne faut pas trop parler des Psaumes.

Il faut les laisser nous parler ! Il faut les laisser nourrir notre prière, pas de manière servile :
  • Les temps ont changé.
  • À chaque génération, nous affinons notre manière de nous comprendre et de comprendre Dieu.
Mais en entrant dans le même rythme, dans le même mouvement que ceux qui autrefois, ont composé les Psaumes.

Il s'agit de notre prière, collective et individuelle.

Où en suis-je aujourd'hui ?
Suis-je aussi dans un bateau qui s'éloigne ? Ai-je aussi pris peur de ce que Dieu attend de moi ? Suis-je fâché contre Dieu, à cause de ce qui m'arrive ?

Ce que j'aime dans l'histoire de Jonas, c'est qu'il est un peu tout ça à la fois. Mais Dieu ne le culpabilise pas. Il le place simplement sur un autre chemin, un chemin qui a du sens.

Nous non plus, il ne nous culpabilise pas !

Il s'agit d'intimité avec Dieu. Les Psaumes montrent que cette intimité peut à tout moment être retrouvée, mais qu'elle gagne à être exercée.

Que nos silences et nos mots, nos paroles, nos chants, nos gestes de tous les jours, que nos vies entières deviennent un Psaume, à la gloire de celui qui nous tient dans sa main.

Amen


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