8 juin 2014

Abats les murailles pour que nous en construisions d'autres!

Mur de Berlin
Nous construisons des murs pour nous protéger, mais nous nous retrouvons nous-mêmes devant des murs que nous ne pouvons pas franchir. N'est-ce que ce n'est pas injuste de demander à Dieu de nous aider à abattre des murs, alors que nous nous empressons d’en construire d'autres ?


Mur de Berlin
Prédication de Pentecôte 8 juin 2014
Culte des confirmations



Lectures : Psaume 18,26-30
Josué 6 (extraits)




Chers Amis,

Construire un mur, cela part presque toujours d'une bonne intention. Ce sont les humains qui construisent des murs ! C'est nous qui les construisons !

Déjà les enfants, avec des plots, puis avec des Legos… Qu'est-ce qu'ils font ? Des murs. Des murs avec des portes et des fenêtres. Des murs pour faire des maisons. Des murs pour être chez soi!

Être chez soi, c'est bien ! Juste avec ceux qu'on aime bien. Ceux qui habitent là. Ceux qu'on invite. Pas les autres: Les murs ça sert aussi à se protéger! Les autres font parfois peur. Surtout quand j'ai l'impression qu'ils veulent me prendre ce que j'ai.

Peut-être que les murs protègent. Mais en même temps, ils créent l'envie chez ceux qui n'en ont pas ! Derrière les murs de l'autre, il y a toujours quelque chose à prendre… du moins dans notre imagination !

Nous construisons des murs, et les murs des autres nous posent des problèmes.

L’histoire de Jéricho, c'est l'histoire d'un peuple qui n'a pas de pays.

Des gens qui sont comme enfermés dehors.

Comme l'étaient les Allemands de l'Est quand ils imaginaient la prospérité de leurs cousins à l’Ouest… Et vous, les catéchumènes, vous avez vu les traces de ce mur, à Berlin!

Ou comme les palestiniens aujourd'hui, qui trouvent devant eux un mur, presque au même endroit que les murailles de Jéricho autrefois !

Ou comme les gens qui rêvent de venir s'installer en Europe, et qui trouvent des frontières fermées, ou une vaste mer, qu'il faudrait traverser avec des barques !

Nous sommes à la fois ceux qui construisent des murs pour se protéger, et ceux qui se retrouvent souvent devant des murs que nous ne pouvons pas franchir.
Est-ce que ce n'est pas un peu injuste de demander à Dieu de nous aider à faire tomber certains murs, alors que nous nous empressons d’en construire d'autres ?

Si, sûrement ! Et la Bible parle beaucoup de nos contradictions, de nos folies, parfois de nos folies guerrières...

Pendant votre voyage, vous avez vu jusqu'où cette folie pouvait conduire : à construire des murs, non seulement pour tenir l'autre à l’écart, mais pour l'enfermer, pour l'anéantir. Dans le camp de concentration que vous avez visité, vous avez vu à l'œuvre l'idée monstrueuse d'une solution finale, qui consiste à éliminer l’autre pour éliminer le problème qu'il me pose.

Pourtant, la Bible parle aussi de promesses et de grâce. Elle en parle à un peuple qui est plein des mêmes contradictions. Elle parle d'un Dieu qui nous aime, même quand nous construisons des murs, parce que nous avons peur des autres !

L'histoire de Jéricho: Elle parle de ce peuple qui s'est mis en route, justement à cause d'une promesse, une promesse de liberté.
Un peuple différent. Un peuple qui ne doit pas compter sur sa force, mais sur la promesse !

Les murailles de Jéricho sont bien fermées.

Et qu'est-ce qui les fera tomber ?
Des bombes ? Une attaque brutale ?

Non, un curieux rituel.
Un rituel, comme pour dire sept fois : « nous avons confiance ».

Et puis une action en deux temps : Sonner de la trompette, puis crier.

Deux actes qui ont à voir avec le souffle.
Or le souffle, c'est le cadeau même de Dieu ! C'est la respiration. C'est la vie !

Dieu a mis son souffle en nous. Il a mis son Esprit.

Et à chaque respiration, nous nous souvenons : ma vie est un cadeau de Dieu.

Ma vie est un cadeau à chaque respiration !
C'est par le souffle que les murailles de Jéricho s'écroulent.
C'est aussi par le souffle que nous pouvons surmonter d'autres obstacles.

Car le souffle, c'est l'esprit de Dieu, l'esprit de Pentecôte.
Car le souffle, c'est le courage de ne pas séparer, mais de rassembler.
Pour rassembler, il faut parfois démolir des murs.

–    On a démoli le mur de Berlin.
–    On a supprimé le rideau de fer.
–    On creuse des trous dans la barrière du rösti.

Et il y a bien d'autres murs à faire tomber…
Mais quelquefois, pour rassembler, il faut construire des murs !

Nous en avons un exemple ici, dans notre église !

Tout à l'heure, au début du culte, trois jeunes touristes nous ont un peu dérangé.

Elles ont remarqué ce mur qui a été construit au moment de la Réforme, avec celui d’en dessus qui ferme l'arc de triomphe situé derrière l’orgue.

Ces murs ne créent pas une séparation, ils la suppriment ! Il n'y a plus d'un côté les religieux, de l'autre côté le peuple : nous sommes le peuple, tous ensemble !

Tous, comme nous sommes. Avec nos doutes et nos questions. Avec nos espoirs.
Nous sommes un peuple avec vous, Lorena, Annette et Marie, qui vivez aujourd'hui votre confirmation. Nous sommes l’Eglise !

Nous sommes un peuple qui croit en Jésus-Christ, le fils de Dieu, en son souffle qui respire en nous, et qui un jour fera tomber les derniers murs qui nous séparent encore.

Amen

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