29 juin 2014

Esclaves de la justice

Libre comme l'air?
Quand nous pensons la liberté, nous avons en vue la liberté individuelle: Je veux faire ce que je veux, quand je veux, comme je veux. Ce que je fais, ce que je pense, ce que je crois ne regardent que moi. Être libre, c'est bien joli, mais libre de quoi? Libre pour faire quoi?


Libre comme l'air?
Prédication du 29 juin 2014



Lecture : Romains 6,15-23



Chers Amis,

Je ne sais pas comment le groupe des croyants de Rome a réagi, quand il a reçu cette lettre, et qu'il a lu ce passage. Passer d'un esclavage à un autre ? Est ce vraiment ce que nous voulons ?!

Ce que je sais mieux, c'est que pour aujourd'hui, c'est mots arrivent difficilement. Passer d'un esclavage à un autre, mais où est la liberté ? !

Et quand nous pensons la liberté, nous avons en vue la liberté individuelle. Je veux faire ce que je veux, quand je veux, comme je veux. Ce que je fais, ce que je pense, ce que je crois ne regardent que moi !

En même temps, nous sentons bien que cette liberté pourrait bien être une coquille vide. Ce dont nous avons envie, ce n'est pas tellement de cette liberté arbitraire de faire ceci ou cela, c'est de nous sentir libres… Et au fond, nous associons ce sentiment de liberté avec l'idée du bonheur.
C'est d'ailleurs ce sentiment de liberté, ou plutôt cette envie de liberté, que la publicité utilise pour essayer de nous vendre toutes sortes de choses, dont on sait bien qu’elles restreignent notre liberté plutôt que de l'augmenter !

Honnêtement, nous nous laissons tous parfois prendre à l'idée qu'avec cette cigarette (électronique ou pas), nous nous sentirions peut-être plus libres… Ou alors avec cette voiture magnifique… Ou plus prosaïquement, avec ce déodorant, qui ne vous lâche pas!

L'envie d'être libre, c'est très joli, mais libre de faire quoi ? Libre de cultiver quelle valeur ? Libre de mettre quoi au centre de sa vie ?

C'est comme pour nos enfants : nous les voulons libres, mais libres de quoi ? De copier nos propres asservissements ? De fais exactement le contraire ? Ou encore de devenir eux-mêmes des maîtres auxquelles nous nous soumettons ! Esclaves de nos enfants… Drôle d'image pour des adultes qui se veulent libres, mais qui obéissent aux désirs de leurs enfants ! Ça ne donne pas très envie de grandir !

Peut-être que c'est justement le problème de cette aspiration à une liberté sans contenu : qu'elle nous maintient dans une sorte d'enfance d'adolescence permanente.

L’apôtre Paul est finalement plus réaliste. La vraie liberté, c'est peut-être de choisir ce à quoi je veux m'astreindre !

Ce que Paul appelle le péché, c'est une astreinte que nous n'avons pas choisie : celle qui consiste à se laisser conduire par des événements, des impressions, des désirs, des émotions, sans recul et sans considération pour les autres. C'est de rester le centre du monde, exactement comme quand on était un bébé : tout m’est dû, et si je n'ai pas ce que je veux, je pleure !

Quand on est comme ça, toute loi est insupportable. La loi (religieuse ou pas) ne peut être vue que comme ce qui restreint ma liberté.

Or Paul parle d'une autre réalité : celle de la grâce, qui surmonte la loi. La grâce, c'est ce qui permet de changer de point de vue. C'est d'abord de se savoir aimé, au point de ne plus avoir besoin d'être le centre du monde ! C'est ensuite de pouvoir choisir ce qui est vraiment important.

Et qu'est-ce que Paul propose ? De mettre au centre la justice ! De s’asservir à la justice. Pas la justice comme une espèce de dogmatisme : la recherche de ce qui est juste ! Qui dit justice dit : « toujours avoir l'autre en vue », « toujours être à la recherche du bien plus large, tant au plan individuel que collectif ».

La vraie liberté, dit Paul, c'est celle qui porte du fruit. Et il ajoute : un fruit qui va bien au-delà de ce que l'on peut voir. Bien au-delà des limites de cette vie.

Un fruit qui grandit, nourri par la sève de l'amour de Dieu. Un fruit qui fera partie de la grande récolte, de la vie éternelle !

Soyons nous aussi porteurs de ce genre de fruits !

Amen

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