24 novembre 2013

Même dans le deuil, rester veilleur!

Il faut rester en état de veilleur. C'est ce que l’apôtre Paul écrit aux croyants qui vivent à Thessalonique. C'est ce que Jésus dit à ses disciples. Et c'est ce que j'aimerais vous dire aujourd'hui!
Prédication pour le culte du souvenir
du 24 novembre 2013 en l'église française de Berne 
Lectures: 1 Thessaloniciens 5,6-11 et  Marc 13, 28-32




Il ne s'agit pas de se priver de sommeil. On ne parle pas ici du repos, dont nous avons tous besoin. D'ailleurs Jésus nous promet de nous donner du repos, pas seulement dans le futur, mais maintenant, ici : « Venez à moi, vous qui êtes fatigués est chargés, et je vous donnerai du repos », dit-il.

Non, il s'agit d'une attitude d’éveil.
Paul l'explique en utilisant l'image du jour et de la nuit.
Nous, dit-il, nous appartenons au jour !

Jésus lui, emploie l’image de ce figuier dont les rameaux deviennent tendres, premiers signes d'un retour à la belle saison.

C'est deux images disent la même tension vers quelque chose qui est devant nous, que nous espérons, que nous attendons. Le jour, qui va revenir. Le printemps, qui va refleurir.

Il faut reconnaître qu'il y a une certaine fascination à la nuit. On peut s'y complaire. On peut vouloir y rester.

« Ceux qui dorment, c'est la nuit qu'ils dorment. Ceux qui s'enivrent, c'est la nuit qu'ils s'enivrent » dit l'apôtre Paul.

La nuit, c'est le lieu de toutes les fuites hors de la réalité.
La nuit, on ne me voit pas. Je ne vois pas les autres.

Je peux me réfugier dans cette sorte de sommeil qui consiste à s’isoler des autres, à rester dans ma propre obscurité. À ne pas voir la réalité, la mienne, celle du monde.

Mais je peux au contraire me réfugier dans une exaltation, un enivrement, une agitation, un activisme qui sont tout autant hors de la réalité, la mienne et celle du monde…
Je crois que tout cela est particulièrement vrai dans la situation de deuil.
C'est un peu comme une nuit qui tombe, et dont on ne sait pas combien elle va durer.

J'ai perdu quelqu'un. Qui suis-je maintenant ?
Quel sens ma vie peut-elle encore avoir ?

Là aussi, je peux chercher à m’endormir. A me replier dans mon cocon.

Là aussi, je peux au contraire m’enivrer dans une fuite en avant vide de sens.

L'encouragement de Paul est très fin : il ne s'agit pas de juger moralement ceux qui dorment ou ceux qui s'enivrent. C'est si compréhensible !

Il s’agit de dire une chose essentielle : « Nous sommes du jour ! »

Nous appartenons au jour, non pas par nous-mêmes,
mais par Celui qui nous appelle à la vie en plein jour !

Nous appartenons au jour, par Celui qui est déjà de l'autre côté, Jésus-Christ.
Que nous dormions ou que nous veillions ce n'est pas si grave : nous appartenons au jour !

Mais de le savoir peut nous faire changer !

« Nous qui sommes du jour, soyons sobres,
revêtus de la cuirasse de la foi et de l'amour,
avec le casque de l'espérance du salut », dit encore Paul

Une image un peu militaire pour dire ce qui nous aide à traverser la nuit, ce qui nous protège de l'obscurité, bien plus que la fuite hors de la réalité.

Croire au jour qui vient !
Croire en Celui qui est la lumière, et qui un jour viendra mettre fin à nos deuils !

Amen

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